Des données d'inflation des prix à la production plus chaudes que prévu font passer le bitcoin sous la barre des 80 000 $.
Les prix à la production américains d'avril se sont révélés bien plus élevés que prévu mercredi, compliquant la trajectoire de la Réserve fédérale vers un assouplissement de la politique monétaire plus tard cette année.
L'indice des prix à la production (IPP) d'avril a augmenté de 1,4 % en glissement mensuel, soit près du triple des attentes des économistes qui tablaient sur une hausse de 0,5 %. L'inflation annuelle des prix à la production a accéléré à 6 %, tandis que l'IPP de base, hors alimentation et énergie, a progressé de 1 % sur un mois et de 5,2 % sur un an, tous deux largement au-dessus des prévisions.
Le rapport a confirmé que l'inflation reprend de la vitesse après que l'indice des prix à la consommation (IPC) de mardi ait augmenté de 3,8 % en glissement annuel, le chiffre d'inflation le plus élevé en près de trois ans.
Le bitcoin (BTC), qui s'échangeait au-dessus de 81 000 $ pendant la nuit, a rapidement chuté sous le niveau clé de 80 000 $ dans les minutes suivant la publication, avant de se reprendre légèrement. La plus grande cryptomonnaie s'échangeait récemment juste au-dessus de 80 000 $, en baisse d'environ 0,8 % sur les dernières 24 heures.
Les contrats à terme sur actions sont restés relativement stables avant l'ouverture aux États-Unis, les contrats à terme sur le Nasdaq 100 gagnant 0,2 % et ceux sur le S&P 500 restant quasi inchangés.
La surprise inflationniste ajoute une couche d'incertitude supplémentaire pour la Fed, alors que les décideurs font face à la hausse des prix de l'énergie liée au conflit en cours en Iran et aux préoccupations persistantes concernant les perturbations d'approvisionnement autour du détroit d'Ormuz. Des prix du pétrole plus élevés risquent d'alimenter davantage les données d'inflation dans les mois à venir.
Le rapport pourrait également raviver le débat sur la nécessité pour la banque centrale d'envisager un resserrement supplémentaire plutôt que des baisses de taux, alors même que le président Donald Trump continue de faire pression sur la Fed pour qu'elle abaisse les taux d'intérêt.
Ce contexte est particulièrement délicat alors que Kevin Warsh s'apprête à prendre la tête de la banque centrale, les investisseurs observant de près comment le nouveau président équilibrera les risques de ralentissement de la croissance face aux pressions inflationnistes qui refont surface.